Grève de la carte vitale : les patients en première ligne

Santé

Mobilisés depuis fin décembre 2014, les médecins généralistes maintiennent la pression contre le projet de loi Santé en pratiquant une grève de la carte Vitale. Premières victimes de ce bras de fer : les malades.

Objectif paperasse en masse

Depuis déjà plusieurs semaines, de nombreux généralistes pratiquent une grève de la carte Vitale, c’est-à-dire qu’au lieu de prendre la carte Vitale du patient, ils lui remettent une feuille de soins que celui-ci devra envoyer à l’Assurance-maladie pour se faire rembourser. Les médecins grévistes n’en font pas mystère : en refusant les télétransmissions, ils cherchent à noyer les services de l’Assurance-maladie sous des tonnes de dossiers à traiter manuellement, afin de faire pression sur l’administration. Au cœur de leurs revendications, le refus du tiers-payant généralisé tel qu’il est prévu dans le projet de loi.

Grève de la carte vitale : les patients en première ligne

Des patients pris en étau

Sans entrer plus avant dans le pourquoi de cette mobilisation, on ne peut que regretter que cette guerre des nerfs qui oppose les médecins généralistes à la ministre de la Santé Marisol Touraine rejaillisse avant tout sur les malades, notamment ceux aux moyens les plus modestes, qui se retrouvent dans l’embarras de voir le remboursement de leur consultation passer d’une moyenne de 5 à 20 jours ou plus. La plupart des médecins affirment pour le moment n’avoir que des réactions de soutien de leurs malades.


Mais, pris en étau dans un conflit sur lequel ils n’ont pas prise, les patients ne risquent-ils pas à la longue de se retourner contre leur généraliste ?

Dans un conflit où l’opinion publique pourrait jouer un rôle majeur, les professionnels de santé seraient sans doute bien inspiré d’imaginer rapidement d’autres moyens de pression…