Tabagisme : l’appel de 72 experts pour la réduction des risques

Santé

Soixante-douze experts internationaux en addictologie et en santé publique ont lancé lundi un appel pour que l’Organisation mondiale de la santé (OMS) se positionne clairement en faveur d’une approche de réduction des risques en matière de lutte contre le tabagisme.

Les experts, essentiellement issus du monde médical et de la recherche, demandent à l’OMS de compléter sa convention-cadre pour la lutte contre le tabagisme afin d’y inclure le principe de réduction des risques, désormais plébiscité par les professionnels de santé et les spécialistes en addictologie.

Tabagisme : l’appel de 72 experts pour la réduction des risques

Les signataires souhaitent que l’agence des Nations unies dédiée à la santé « adopte une approche plus positive à l’égard des nouvelles technologies et des innovations qui ont le potentiel d’amener l’épidémie de maladies liées au tabagisme à une conclusion plus rapide ». En clair, que l’OMS promeuve les alternatives au tabac que sont les patchs et gommes à la nicotine, mais aussi les cigarettes électroniques et le tabac à chauffer.


Longtemps contestée, car jugée trop laxiste, l’approche de réduction des risques a désormais les faveurs du corps médical, qui préfère limiter la nocivité des pratiques à risque et leur impact sur la santé, plutôt que de tenter de les interdire ou de mener des politiques punitives pour décourager les consommateurs.

Les signataires de l’appel estiment qu’il existe une « opportunité de bénéfices importants et rapides en termes de santé » en adoptant des approches de réduction des risques et qu’une telle stratégie représenterait une « contribution substantielle » à la politique de lutte contre le tabagisme de l’OMS.

« Les utilisateurs qui ne peuvent pas ou ne veulent pas arrêter la nicotine, ont la possibilité de basculer des produits à plus hauts risques (en particulier la cigarette) vers des produits qui sont, au-delà de tout doute raisonnable, bien moins nocifs (produits de nicotine pure, tabac non-fumé à faible toxicité, cigarette électronique, tabac à chauffer) », précise l’appel d’experts.

Selon eux, la réduction des risques « devrait être un composant intégral du contrôle du tabagisme ; pour aider les fumeurs à arrêter ou les dissuader de commencer, et, dans tous les cas réduire grandement les risques qu’ils encourent ». Et de conclure sous forme d’avertissement : « une opportunité perdue pour la santé publique représente un véritable risque de santé publique ».